LETTRE OUVERTE À WILLY BOURSUS, MINISTRE DE LA DÉSINTÉGRATION SOCIALE

Monsieur le Ministre,

C’est en votre qualité de Ministre de la Désintégration sociale que je vous écris, suite à ma lecture sur votre site de la page consacrée au PIIS, mais pas love, qui sera en vigueur au 1er septembre prochain.

Il m’est difficile de ne pas me répandre en insultes à votre égard suite à votre prose infâmante et, afin de prouver que je ne suis pas un bon aryen alors que résonne encore en moi un des slogans électoraux de votre Premier Ministre – « le travail rend libre » disait-il -, je me suis tourné vers un poète majeur, Aimé Césaire, que je paraphrase ici afin de vous dire qu’avec vous, « c’est d’elle, d’elle-même que la Belgiqueest volée. C’est d’elle, d’elle-même que la Belgique a faim ».

En effet, qui êtes-vous pour me dire ainsi qu’à des milliers de personnes qui vivent dans l’iniquité que nous ne sommes pas intégrés socialement et que nous devons être responsabilisés ? Ce sont les mêmes mots qui furent adressés à ma famille africaine lors de la colonisation et le gouvernement dont vous faites partie poursuit cette histoire barbare.

Je m’étonne de n’être pas intégré socialement. Mes discours dans des parlements belge et européen, mes contacts avec l’ensemble des présidents de partis francophones, ma liaison de travail avec ma complice Isabelle Stengers, mes publications par le Professeur Jorion, mes amitiés fécondes avec des Professeurs tels que Benoît Lobet, Dan Kaminski et d’autres ne diraient donc que le souci de ces personnes vis-à-vis de personnes irresponsables et non intégrées socialement ?

Si je mentionne ces lieux, contacts et personnes, c’est au même titre que mon investissement dans la cité. Lorsque j’écris des lettres de contestation pour celles et ceux qui ne peuvent le faire, lorsque je m’investis dans un jardin potager collectif dont la récolte est destinée à qui en a besoin, lorsque je participe à déménager des personnes dans la pauvreté, lorsque je prends soin de personnes âgées, lorsque je prête main-forte à des ouvriers communaux, je ne le fais pas car j’en suis capable, mais bien parce que, sans elles, rien ne serait possible. Il n’en va ainsi pas de ma vie ou de la leur, mais de nos communs que votre misérable politique détruit.

Ne vous méprenez pas quant au sens que je donne au terme « commun ». Loin de moi vos idéologies passéistes. A travers ce « commun », c’est tant la Terre que je salue que nos cultures, nos langues, nos traditions, notre puissance de vivre, la précarité initiale qui régit tout cela et, par notre exercice commun, la noblesse de nos schémas de réciprocité dont une démocratie toujours en devenir est le point d’orgue.
Tout cela, vous le balayez du revers de la main au nom d’une économie ordolibérale fascisante dont le propre est d’extraire tout ce qui est valeur, de l’imagination à la Solidarité en passant par la joie de vivre, pour nous rendre incapables de la conter et nous obliger à compter en termes de profits.

Idiots de la plante des pieds aux racines de cheveux, les personnes comme vous ne parviennent évidemment pas à faire la critique de ce shistème. Au contraire, sur votre site, vous n’hésitez pas à relayer cette idée issue de Centre Public d’Anesthésie Sociale que votre PIIS a pour but de nous aider à mettre des mots sur NOS problèmes, à identifier et mettre au point des stratégies à partir de NOS situations concrètes et ajoutez que la « capacité du CLIENT à résoudre SES problèmes est au cœur du projet ». Je ne suis pas « client » d’un état dont je suis souverain ! Et puis, qu’en sera-t-il si j’exigeais demain de vous pointer comme étant la cause de NOS problèmes ?

Préalablement au récent déménagement d’une personne âgée, le groupe de personnes auquel je participais lui avait trouvé un logement et une garantie locative. Une assistante sociale du CPAS de ma ville nous dira que nous avons fait là son travail et qu’elle ne peut l’accomplir faute de moyens, de personnel et de temps. Vous n’êtes pas sans savoir que votre gouvernement a troqué l’assurance chômage contre la pauvreté. La semaine dernière encore, j’ai dû signaler aux infirmières du home où s’éteint un de mes amis qu’il était déshydraté. Je ne fus pas alors plus responsable qu’elles. Je n’étais pas pris par un de ces boulots harassants qui rend de plus en plus de travailleurs et travailleuses pauvres et malades.

Contrairement à vous qui, malgré votre qualité de ministre, tendez à opposer et à individualiser les personnes, j’entends rester solidaire de toutes et tous. Je signerai donc un PIIS en exigeant d’avoir les mêmes droits que n’importe qui, y compris celui de grève, et refuserez de prendre le travail de personnes salariées. Votre projet prévoit-il cela ? J’en doute.

Afin de vous saluer dignement, Monsieur le Ministre, et ne me refuser ni à la Solidarité, ni à l’altérité, moi qui entend « être un redresseur de vie » et « offrir la Belgique à elle-même et au monde », j’en reviens au poète Aimé Césaire et vous affirme, Monsieur, que « le Nègre vous emmerde »!

Olivier Hofman

SOURCES : 

https://hellodoliblog.wordpress.com/2016/04/05/lettre-ouverte-a-willy-boursus-ministre-de-la-desintegration-sociale/

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